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Parmi les premiers gestes du matin.

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C’est d’être dehors et écouter les sons, bien souvent avant le lever du jour.
S’assoir ou marcher un peu. Parfois quelques instants suffisent.
S’inspirer d’ambiances matinales. Préparer la journée de travail.

C’est aussi entendre le labeur des hommes, regarder un bâtiment ou un jardin,
écouter les premières notes du Rougegorge,
sentir l’odeur de la pluie ou des Tilleuls en fleurs, feuilleter un livre.

S’inspirer et se nourrir de ces repères du vivant.

Vous souhaitez un café ? Il y a des spéculoos et du miel de ronce.

Ces repères du vivant

La sculpture et la peinture, ainsi que mes passions, sont à la recherche de ces repères du vivant telle l’observation des animaux et des végétaux.

Observer, réviser sans cesse les chants d’oiseaux, les noms scientifiques d’arbres, de champignons et de lichens, de papillons, d’entretenir des connaissances naturalistes.
La nature offre un renouvellement régulier. A écouter. Les notes du Rougegorge, les floraisons des Lilas, les voyages des Vanneaux.

Ces repères permettent aussi de rester à l’écoute d’essentiels, d’émotions artistiques.
Une sculpture trouve ses matériaux, ses volumes, un oiseau observé donne corps et vie à la sculpture.Montage

J’apprécie beaucoup l’art du jardinier. Il compose son jardin d’arbustes et de vivaces à l’aide de formes et de volumes,
de couleurs et d’odeurs, de sol et de saisons.
J’aime aussi l’architecture, l’illustration, la musique et la photographie,
pour les émotions et les regards qu’elles offrent.
J’imagine les doigts du musicien sur le piano, la dextérité,
comme le jardinier repique ses fleurs, le maçon monte son enduit ou l’architecte dessine ses plans.

Viennent ensuite les croquis, les matériaux à sculpter, l’acier à découper.
Une démarche à la fois technique, émotionnelle, physique.

Quels oiseaux entendons-nous à l’instant ?

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Il y a devant nous, sur le Lilas, le Rougegorge et les notes liquides ;
et au bout, à gauche, le Merle noir et les notes sifflées. Je l’ai vu à loisir hier soir sur son muret dans la rue Saint Flaceau.
Ils emplissent tous deux les lieux de notes douces et amples.

Lire ces tomes de Paul Géroudet vous donne envie d’aller observer les oiseaux ?

Les écrits de Paul Géroudet m’accompagnent fidèlement depuis toujours. Des textes précis, vivants, agréables à lire et relire, qui m’ont encouragé à observer, à comprendre. Des mots, des chants, des comportements, des dimensions, des couleurs.

Bien… il est 7h 30… avant de continuer notre travail,
nous pourrions nous rendre à pied jusqu’à la rivière, et découvrir quelques oiseaux ?

hélleboreVoilà une surprise pour nous. Hier, ici, j’ai observé le retour du distingué des toits, le Rougequeue noir.
Nous entendrons tout à l’heure ses notes roulées singulières.
C’est ici le repère de la Bergeronnette grise, là haut dans cette niche.
Elle possède une palette de noir, de blanc et de gris.
Ils sont déjà là ces joyeux grégaires vifs à l’œil bleuté : les Choucas des tours !
Descendons vers la rivière par cet escalier aux fougères : les Capillaires, les Polypodes et les Asplénies.
La silhouette du Faucon crécerelle se découpe dans le ciel, là, à droite !
Une bonne idée de sculpture en vol…
Trois Hérons cendrés presque figés, et des Mouettes rieuses au capuchon déjà estival sont sur les bords de l’eau.
Il y avait hier des Goélands argentés de passage…
Nous allons rester ici dans ce jardin, assez loin avec nos jumelles, pour ne pas les déranger.

Nous voilà dans les escaliers de la rue des pans de Gorron, elle mène au jardin de Gourdaine, puis à la rivière.
Pour peu que nous mettions des ailes à nos réflexions, nous arriverions vite à la mer.

Cet oiseau s’arrête et s’affaire, que cela vous inspire-t-il ?

Montage2Je dessine avec les yeux ses mouvements, ses habitudes, la silhouette. Un exercice de concentration, des habitudes de terrain.
Naissent des idées pour des travaux à faire, des matériaux à choisir, des proportions à calculer, des formes à faire naître sous les yeux.
L’observation de l’animal, chez lui, donne corps et vie à la sculpture.
Le respect de l’animal est un impératif, son habitat est respecté, le dérangement est réduit au minimum : la rareté de l’espèce, les saisons, la nidification, le froid, la migration, l’hivernage.

Observer me fait penser aux couleurs aussi.
Jaune citron, garance rose, rouge de quinacridone, violet outremer, vert anglais, vert émeraude, bleu outremer, terre de Sienne, brun Sennelier, noir de Mars ou blanc de Titane..
Il y a des oiseaux vermillons, des poissons ocre de ru, des insectes cobalt, des pelages oxyde de fer.
Le Fuchsia ou l’Hellébore, le Lilas ou la Viorne.

Les formes données sont représentatives de l’espèce, de ses critères précis d’identification, de ses comportements, de mes envies et goûts.
Les socles choisis cherchent un équilibre entre la silhouette et les couleurs de l’animal, son habitat.

Qu’allez-vous travailler aujourd’hui ?

L’Aigle royal !
Un mâle adulte de 83 cm, sa tête doit être légèrement tournée vers le bas et de côté.
Posté sur une souche d’arbre.

Des souvenirs d’observations sont rassemblés, des croquis d’atelier sont préparés, ils serviront aussi pour les carnets pédagogiques des élèves.
Une souche de Pin sylvestre sèche. Elle sera le socle.
La taille et la silhouette me font choisir une ossature de tasseaux de sapin, du grillage et du plâtre.
Puis j’apprête de l’acier inox et de la résine pour le corps.
Je découpe dans une tôle d’acier de 3 mm les 12 rectrices de la queue, les 11 rémiges primaires, tertiaires et les couvertures.
Le bec puissant de 45 mm et les serres sont sculptés en acier pur, meulés et polis. Une merveille de matériau. Des bonnes odeurs d’acier rougi.

Une dizaine de couches d’acryliques fines et un vernis assurent la peinture.
Bruns roux et foncés, roussâtres et blanchâtres, reflets violacés et blancs cassés, jaunes et noirs.

Comment vous accompagnent les outils que vous utilisez?

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Électriques ou manuels, ils sont variés, je les connais bien, les moindres gestes, leur force, leur délicatesse.

Je taille parfois des manches d’outils dans le frêne sec. C’est une essence solide, souple, accusant les coups, avec un beau polissage. Ce cousin du Lilas sent bon sous la râpe. Cette pince étau de brocante retrouve là une seconde vie. Les livres de Paul Géroudet sont à côté.

J’aime à découper de l’acier épais rougissant pour l’ossature de la tête ou du bec, puis finir au pinceau 2/0 martre kolinski la pointe blanche de l’œil donnant vie à la sculpture.

Parmi vos livres : un ouvrage sur l’architecture, un autre sur la flore…

Oh oui, des compagnons les livres.
L’architecture du XX e siècle, un patrimoine. Gérard Monnier. Ce livre de synthèse et d’exemples permet de comprendre les édifices contemporains.
La Flore d’Europe occidentale de Marjorie Blamey et Christopher Grey-Wilson. Avec la flore de Gaston Bonnier et une loupe, les voilà dans le sac prêts pour aller botaniser.

Ah, voilà la Tourterelle turque. Vous entendez ? Elle va rythmer en douceur notre après midi de travail.
Elle se perche souvent par ici. Un repère naturaliste et musical.

Quel est votre livre du moment ?

Edith Holden « The Country Diary of an Edwardian Lady » 1906.
Un livre agenda naturaliste, empli de fraicheur, de beauté et de sensibilité.
Durant l’année 1906, Edith Holden nota ses pensées, des poèmes, ses observations de la vie sauvage autour de sa maison dans le Warwickshire.
Il y a 110 ans…
Ses mots sont écrits précieusement à la main, ses peintures sont celles d’une passion pour la vie sauvage, autour de sa maison et à travers ses voyages en Angleterre et en Écosse.
Avec le regard de la naturaliste et sa sensibilité artistique.
Ce livre est devenu pour moi une référence.

Quelle est la place de la musique dans l’élaboration de votre travail ? 

le-courlis-cendré,-sculpturePendant la sculpture et la peinture, j’écoute beaucoup de musique, chaque jour.
La musique est un beau langage universel.

Quel est le lieu d’observation de la nature que vous préférez ?

Le bord de la mer, les estuaires, les plages, les dunes, ces habitats d’une richesse incroyable.
J’aime aller sur les plages, observer les Limicoles migrateurs, les passages de septembre novembre du Bécasseau sanderling, retrouver dès leur retour les Fulmars boréaux nicheurs des falaises de craies du Cap Blanc-Nez.

Il y a aussi le bocage, ses arbres têtards et les Chevêches; ses haies d’Aubépine, de charme et de houx,
les discrètes Grisettes ou les colorés Bruants jaunes.

Estimation de l’artiste : 2 000 €

 

 

 Cap Blanc-Nez, autoportrait. F/2,8, 1/500 s, ISO-125. Observation de la Bergeronnette de Yarrell

 Rue de Vaux, Le Mans, éric